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Québec, QC, Canada
Personnal Best (PB's) ; 5000m--14:57--Boston (2011) ; 5k--15:01--Québec (2013) ; 10k--30:41--Vancouver (2013) ; 15k--47:56--Chicoutimi (2013) ; Demi--68:33--Montréal (2010) ; Marathon--2:23:21--Philadelphia (2012) ; 50 miles--6h44:13--Hamilton (2017) ; 100miles--18h33:59--Vermont (2017)

mercredi 10 février 2021

TROUVER SON REPÈRE TRANQUILLE

Dans mon parcours, j’ai régulièrement cherché à me retrouver dans ces lieux sécurisants ou ces moments paisibles où on se sent en confiance, où l’abandon est soudainement possible. Dès fois, tout naturellement porté par la vague qui nous y amène presque inconsciemment sans trop rouspéter et d’autre fois parce que le chaos envahissant avait en quelque sorte besoin d’être calmement abordé. Car, c’est bien de ça dont il question. Une zone  de réconfort que l’on s’accorde pour s’accorder. Une parenthèse tendre et joyeuse qui nous fait du bien et nous permet d'affronter plus sereinement ce qu'on doit faire.

Pour moi, la course en général est un repère tranquille. Un moment de prédilection pour m’évader dans mes pensées et le plus souvent de pur plaisir. Par une belle journée d’été, j’ai en tête ce segment que je fais en sillonnant au pas de course le sentier de la rivière près de chez moi. Ou encore cette boucle de 10 kilomètres que j’emprunte régulièrement les soirées d’hiver.

Bien évidemment, toutes mes sorties quotidiennes ne sont pas des moments de plaisir. Parfois, je mets mes bottes de travail et je m’en vais à l’ouvrage! Ceux qui connaissent les entraînements par intervalles savent de quoi il est question quand ça devient sérieux sur la piste et que toute la concentration doit être portée sur l’effort de l’instant. Ou encore, les marathoniens reconnaissent qu'il peut être exigeant de faire une longue sortie spécifique de 36 kilomètres en intégrant à l'intérieur de celle-ci deux blocs de 10 kilomètres à la vitesse de compétition. Mais, même dans ces situations, je trouve que ça me fait du bien de me retrouver avec moi-même et d’avoir cette chance de pratiquer une activité que j’apprécie.

Et comment faire face è ces entraînements que je sais difficiles? Je cherche à me retrouver dans un lieu familier et à me placer dans des conditions gagnantes qui me donnent confiance et qui m’apportent réconfort. Un ami pour m’accompagner, mon sentier favori, mes souliers préférés. Peu importe, j'essaie de m'installer dans mes repères bienveillants qui maximiseront mes chances de bien performer dans ceux-ci. Et habituellement, ça rapporte!

mercredi 22 avril 2020

Quand le pourquoi aide à bien aller

Comment maintenir le focus avec la crise actuelle qui secoue le monde entier? Comment trouver la motivation nécessaire pour continuer à courir? Je suis récemment tombé sur un livre fort instructif sur le leadership de Simon Sinek «Start with why» ou en bon Québécois, commencez donc par le pourquoi !

On y apprend que les leaders ne commencent jamais par ce qui doit être fait, qu’ils commencent par énoncer POURQUOI il faut agir et qu’ils inspirent à l'action. Le pourquoi ou la raison fondamentale derrière ce que nous faisons par choix mérite réflexion en ces temps de confinement. De par mon expérience, autant à la course que dans la vie, il faut que la réponse soit assez claire pour favoriser les comportements durables et l’atteinte de ses objectifs. Il faut être en mesure de trouver LA motivation intrinsèque pour que l’action soit la plus aisée et naturelle possible parce que nous aurons alors foré au cœur de la décision d’entreprendre quelque chose. Commencer par le pourquoi, c’est donc se demander pourquoi je cours. C’est simple comme question, mais il existe une panoplie de raisons personnelles pour y répondre : perdre du poids, prendre du temps pour soi, améliorer son temps, socialiser, prendre l’air, méditer ou prendre le moment pour la réflexion, etc. Peu importe. Trouver le fondement et inspirer l’action je disais donc. Et comme notre monde évolue constamment, notre pourquoi évolue aussi. Il est utopique de penser qu’au fil des saisons qui s’accumulent, le Pourquoi ne changera jamais. Anticiper cette perspective amène plus d’agilité dans votre approche tout en conservant votre focus sur le portrait global de votre progression. Ça m’amène à vous parler du confinement actuel en raison de la pandémie associée au COVID-19 et surtout du futur en pensant que ÇA VA BIEN ALLER. C’est cliché, mais c’est vrai : on contrôle ce que l’on peut contrôler et on reste positif dans tout ça.

Je peux illustrer mon propos avec mon quotidien d’athlète comme exemple. Ben oui, mon pourquoi a changé! Dans le contexte actuel, je cours surtout parce que ça me fait prendre l’air et parce que ça m’aide à rester sain d’esprit. Pas question d’accumuler des sommets historiques de volume d’entraînement alors que les objectifs ne sont plus du tout les mêmes et qu'il n'y a pas la moindre compétition à l'horizon. C’est correct. De toute façon que pouvons-nous y faire ? Je réalise que j’ai coupé environ de moitié mon entraînement par rapport à une préparation habituelle pour une saison avec un marathon comme objectif. J’ai en revanche, intégré d’autres compléments que je faisais peu ou pas du tout, comme des séances de pilates avec ma conjointe et occasionnellement, avec mes enfants. Et franchement, j’adore. Inspiré par plusieurs coureurs sur les médias sociaux (un Français qui fait un marathon sur son balcon, un Russe qui court 50km autour de son lit, un américain qui remporte le Backyard ultra marathon en parcourant 422km en plus de 60 heures autour de son quartier, un franco-québécois qui fait le tour de l’île de Montréal, etc.), je me lance également des défis personnels. En fin de semaine dernière j'ai parcouru les quelques 55km qui relient ma maison et mon condo. Pourquoi? Parce que les défis nous gardent tout de même motivés. L’idée dans cette période est d'essayer du nouveau, varier les sorties avec durée limitée sans jamais être trop loin du sommet de ma forme, quelque chose que je pourrais atteindre avec une préparation spécifique de 8 à 10 semaines quand nous aurons à nouveau la possibilité de nous challenger dans une course officielle à quelque part dans l’avenir.

Ma recette du confinement se résume donc à :
-4 ou 5 sorties faciles de 30 à 50 minutes
-1 sortie avec intensité (ex : 15mins effort 21k; 8x2mins effort 10k avec 1 minutes jog entre chaque)
-3 séances de pilates/renforcement musculaire
-intégrer de nouveaux éléments pour casser la monotonie
-s’inspirer des histoires de d’autres coureurs (défis; pod-cast; articles,etc.)
-s’entraîner avec la famille, ce que j’apprécie et que je ne faisais pas

Qu’on se le dise, la vie ne reprendra pas son cours totalement comme avant. L’humanité a toujours subi des transformations importantes à la suite de crises. Au retour, le monde ne sera pas tout à fait pareil, mais c’est correct et ça va bien aller. Cette crise nous laissera des enseignements, des innovations ou nouvelles initiatives vont demeurer, des changements dans nos modes d’entraînements seront intégrés de même que nos schèmes de pensées et décisions auront évolués. À nous de demeurer ouverts et de saisir ces opportunités. C’est positif et ça va bien aller!

lundi 17 juin 2019

La constance

Bonjour à tous chers lecteurs et passionnés de la course à pied! À l’approche d’un défi que j’attaque bientôt, je reprends la plume (le clavier, plutôt!) pour vous entretenir sur la constance, une qualité si chère à mes yeux pour un coureur. J’ai débuté l’année par un t’es pas game à moi-même en souhaitant prendre le temps de courir tous les jours, tout simplement, mais un rendez-vous journalier qui exige de l’assiduité. Ainsi, le plan initial était de courir de 30 à 50 minutes tous les jours du mois de janvier. Pas vite, juste constant. Puis, j'ai décidé de prolonger le plaisir en février jusqu’à ce qu’un bête accident et une côte fracturée m’empêche de sortir mettre un pied devant l'autre quotidiennement. Sitôt rétabli, j’ai repris le jeu avec plaisir. La forme a progressée, des intensités ont été programmées, les sentiers se sont débarrassés de leur duvet blanc, des jours de repos sont apparus  et un calendrier de course s’est dessiné sans m’en rendre compte. Une rigueur s’est installée, une routine s’est établie.

Et le t’es un as game du début est sombré dans l’oubli. Je décrirais le processus de facile et agréable. Quoi, j'entends soudainement des murmures de ceux qui me prennent pour un désaxé. C’est tout le contraire et je le redis, c'est facile et agréable. Je me suis fait prendre au jeu de la constance. Sans douleur et dans le plaisir.

C’est donc en mode plaisir que je me suis attaqué à la préparation de mon défi, le championnat canadien d’ultra Trail, un 110km organisé par l’organisation du https://megatrail.info/
La constance m’a permis d’atteindre un bon niveau de forme que j’ai hâte de tester auprès des meilleurs trailers au pays. L’hiver s’est éternisé, j’aurais pris 1-2 longues sorties supplémentaires en sentier, mais on donnera ce qu’on a à donner, le meilleur de soi quoi. Je vous en redonne des nouvelles!

lundi 10 juillet 2017

Garder le rythme

À certains moments, tenir le rythme effréné de la vie au 21e siècle représente un défi de tous les instants, assez vertigineux même. Des conjonctures d’événements peuvent assombrir notre perspective et façonner le sentiment d’être dépassé. Ajoutez les exigences de l’entraînement du coureur dans l’équation et vous avez un cocktail explosif risquant de faire éclater vos bonnes volontés. « Il ne faut pas se laisser emporter par la vie » est une de mes maximes que j’emploie fréquemment. La chérir, en prendre soin, l’apprécier et imposer son rythme à elle est plutôt ce que je cherche à faire en tentant d'éviter le piège de subir de fausses obligations ou urgences dictées par le courant de celle-ci. Il est préférable d’être un acteur, de choisir sa destinée et de guider notre vie vers la direction à laquelle nous aspirons. Vos pensées peuvent parfois vous faire errer dans des lieux secondaires ou vous influencer négativement. Adoptez une approche de confiance en ses moyens et restez positif permet de les centrer sur ce qui fait du sens. Ainsi, se faire confiance et faire confiance à la vie peut vous amenez loin et vous évitez des déceptions à mon avis.

Je préfère garder les choses simples et me ramener à l’essentiel afin de justement maintenir le rythme dans les éléments importants de ma vie. Celles dont j’accorde une importance capitale au cours de cette période. À la course, le moment culminant où j’applique ce principe est lors d’une compétition où maintenir un rythme constant est ma priorité. J’isole alors les facteurs externes et je me concentre à ce qui est essentiel dans le moment présent. Mes pensées sont alors détournées vers ce que j’ai à accomplir. Le plus « simplistement » dit, mettre un pied devant l’autre avec bonne allure! Bien évidemment, certains démons intérieurs me chuchotent de ralentir, me lancent des signaux de douleurs ou d’inconforts, me poussent à douter de mes capacités. Ses voix intérieures, j’essaie du mieux que je peux de les ensevelir au plus profond de moi de manière à occuper mon attention sur ce qui resurgit en surface comme étant le plus élémentaire, avancer le plus rapidement possible en fonction de ma condition présente. J’ai parfaitement réussi à appliquer cette technique lors du marathon de Boston en 2015 alors que je traversais un moment plutôt difficile lors de la course. Je me suis accroché, je suis parvenu à me maintenir et j’ai terminé en force. Probablement, le meilleur marathon que j’ai couru et assurément le plus satisfaisant.

Un long détour pour vous parler d’un défi hors norme selon mes standards que je ferai en fin de semaine. Cette année, je me suis lancé une gageure à moi-même de compléter un 100 miles ou 160 km. Juste comme ça, sans fioritures. Juste le goût du dépassement et de vivre le sentiment de courir longtemps. L’envie de découvrir ce qui occupera mon esprit après 10 heures de course, mais surtout les stratégies et les techniques que je vais réussir à mettre de l'avant afin de rallier l’arrivée. Et d’en connaître un peu plus sur moi. C’est là quelque chose de bizarrement nouveau. Il n’y a rien de certain à ce que je termine. Bien sûr, j’ai tenté de me préparer du mieux que je pouvais en parcourant de longues heures dans les sentiers du Mont Sainte-Anne, mais il subsiste un doute dans mon esprit. Comment être totalement prêt pour ce genre d’épreuve, moi qui suis spécialiste du marathon sur route et qui aime rigoureusement planifier ses entraînements spécifiques dont les résultats permettent d'estimer à quelques minutes près mon temps final. Un peu obscur cette fois, le mieux ou le pire des scénarios se calculent en heures! Un aspect de la préparation pour cette course que j’ai particulièrement apprécié est ce nouvel apprentissage. À la blague, je dis souvent que je suis un éternel étudiant en raison du fait que j’aime apprendre. Ce fût donc l’opportunité de l’étude de ce sport nouveau. C’est en effet le cas et je l’ai constaté à travers mes entraînements, mes discussions et échanges avec certains spécialistes de même que de mes lectures. Ça demeure de la course à pied, mais c’est un esprit différent, un sport plus technique qui requiert une autre approche de l’entraînement. J’ajoute le tout à mon bagage de coureur.

C’est en fin de semaine que ça se passe alors que je serai du départ du Vermont 100m, une course faisant partie des plus vielles courses d’ultra trail aux USA. Je crois fermement que l’aspect mental est déterminant pour ce genre d’épreuve et j’appliquerai donc certaines techniques qui m’ont permis d’exceller sur marathon.  Je vais me concentrer sur l’objectif primitif de mettre un pied devant l’autre à bonne cadence pour garder le rythme. Faire confiance à ma forme. Faire le vide et abstraction des pensées négatives, ça ne sera pas évident, mais je pars dans ces dispositions. Enfin, je dois absolument briser la distance et ne pas me laisser impressionner par celle-ci. Ah oui, j’oubliais un conseil absolument essentiel qu’un spécialiste "trailer" m’a donné : force-toi pour manger, n’importe quoi dont tu as le goût, mais il faut que tu ingères des calories. Je vous en redonne des nouvelles.

Ambassadeur Farm to Feet
Dans la foulée de ma préparation pour cette course, je me suis associé à Farm to Feet afin d’utiliser leurs bas de qualité. Dans la section à droite du blogue vous trouverez ainsi leur logo avec un lien hypertexte vous permettant d’aller découvrir leurs produits chez leur fournisseur canadien.

mercredi 27 juillet 2016

La solitude du coureur de fond...

La semaine dernière avait lieu une course que je ne pouvais rater à un de mes endroits de prédilection pour mes entraînements. Le Québec Méga trail du Mont Sainte-Anne était donc à mon calendrier de compétitions et tant qu'à courir, je m'étais inscrit à la plus longue épreuve de 50km. Ma préparation était un peu sommaire pour ce genre d'événement en sentier. J'avais fait la première boucle de 25km à quelques occasions et montée une fois l'abrupte piste de ski alpin qui allait constituer tout un défi pour les coureurs au début de la deuxième boucle.

J'aurais souhaité en faire plus, mais une blessure à l'ischio-jambier m'empêche de pousser à l'entraînement. Cette blessure refait surface de temps à autre depuis janvier dernier et a ponctué ma préparation pour le marathon de Boston de cette année. Souvent, une blessure en emmène une autre par le phénomène de surcompensation et ce fut le cas pour moi cet hiver (en plus de mon ischio, le mollet et le dos a souffert quelque peu, jamais pour m'arrêter complètement, mais assez pour freiner une progression...c'est particulièrement désastreux quand nous avons une épreuve de longue distance à préparer qui implique un long et dur "build-up"). Dans ces moments, la solitude est éprouvante. Ma technique est de me rappeler que j'aime mon sport dans sa globalité, pas tout le temps, mais que j'en retire du plaisir et de la satisfaction en le pratiquant et que les blessures font partie de celui-ci. J'ai connu quelques bonnes séquences pour bien m'en tirer à Boston et lors du 10km d'Ottawa où j'ai été surpris d'enregistrer un bon temps de 32:50 dans des conditions hyper chaude qui a affecté les meneurs d'au moins 1 minute.

Pour revenir rapidement à la course du Mont Sainte-Anne, elle s'est bien déroulée. Même que je menais après la première boucle de 25km en compagnie de mon ami Joël Bourgeois. La montée par la piste de ski alpin la Crête qui suivait a été le moment que j'ai le moins apprécié. Pas en mesure de courir pour la majeure partie en raison du dénivelé, très éprouvant musculairement avec une bonne descente sitôt arrivée au sommet. Je n'étais plus le même coureur par la suite. Expérience intéressante, et beau moment de solidarité, j'ai croisé le fil d'arrivée les mains au ciel entrecroisées avec celles de deux compagnons de course Florent et Joël. Temps final 4h27 minutes. Mon record sur mes pattes!

J'ai bien récupéré de cette course et deux jours après je m'envolais pour Cuba. Ce n'est pas mon genre de rester inactif toute la journée à me faire frire sur la plage, alors la chaleur ne m'a pas empêcher de bouger:
-12 sorties de course (peu d'intensité, seulement  6x90secs/30secs et 10x30secs/60secs, mais pas mal de sorties d'endurance dans la chaleur qui me faisait travailler quant même assez fort. Pour dire bien franchement, même sur le tapis au gym à l'air climatisé, je sortais détrempé d'une course de 40mins à mon rythme normal. À preuve, la photo ci-bas!)
-3 séances de plyométrie/pilates/yoga
-4 sorties de kayak/pédalos
-et quelques coups de nage ici et là

Je me sens d'attaque et en santé pour accumuler beaucoup de km en solitaire dans le prochain mois et demi avant d'amorcer ma saison de compétitions avec une préparation plus spécifique. En primeur, mon plan actuel est de faire deux marathons cet automne...restez branché sur le blogue pour savoir prochainement lesquels!

Gardez le sourire dans vos sorties et à la prochaine.
Christian

dimanche 26 avril 2015

BOSTON – Rapport de course

Ma mère m’a suggéré un mot poétique qui pourrait le mieux décrire mon expérience au marathon de Boston…REVI (dans le sens de ressusciter, reprendre vie). Ou encore en anglais, cela pourrait se traduire par l'expression COME BACK from the dead! Alors, laissez-moi vous expliquer avec mon récit, de l’intérieur, comment j'ai vécu ma course et sait-on jamais, vous en retirerez peut-être quelque chose d'utile...(pour ceux qui ne veulent pas trop de détails, vous pouvez aller directement à la conclusion au dernier paragraphe!).

Boston, c’est gros. L’organisation, le prestige (119e édition et unique marathon avec un temps de qualification requis), le nombre (coureurs évidemment, plus de 30000, mais aussi, bénévoles, policiers, supporteurs). J’avais des papillons qui me chatouillaient comme je n’en avais pas à l’habitude. Je sentais la fébrilité. Et l’excitation aussi. De courir, de performer. J’étais reçu à titre d’athlètes élites invités dans un accueil des plus professionnel et avec une attention aux détails comme je n’avais jamais expérimenté auparavant. Une petite anecdote pour vous illustrer ceci, les tables spéciales prévues pour les fluides sur le parcours avec un niveau de détails jamais vue ...40 athlètes avaient été sélectionnés pour avoir le privilège de placer leur propre bouteille à des tables placées rigoureusement à chaque 5km. Chaque station contenait 10 tables habillées élégamment de la couleur bleue du marathon. Notre nom associé à un numéro de table, toujours la même, et notre bouteille déposée toujours au même endroit sur la table.


Boston, c’est gros. Le décorum (le protocole, les règlements et la logistique entourant la course nous ont été précisés la veille lors de la rencontre technique prévue par l’organisation à cet effet). Le niveau de compétition (les élites bien sûr, soit une quinzaine de prétendant à la victoire parmi les meilleurs au monde qui ont été rigoureusement sélectionnés par l’organisation, une vingtaine de sub-élites et une dizaine de Masters, mais aussi les autres coureurs qualifiés—un ami me disait que c’est environ 10% des coureurs qui réussissent à obtenir leur passeport pour Boston). L’attente (une logistique complexifiée par un départ dans une petite communauté à 40 km de Boston). Sans oublier les attentes (celles personnelles surtout…de bien réussir, de performer, de pouvoir donner le meilleur de soi-même). Les miennes en terme clair, un podium chez les Masters. J’ai donc abordé cette course comme un championnat où le chrono devenait secondaire laissant la position devenir la préoccupation.

Derrière la chaîne humaine orange à attacher mes souliers quelques minutes avant le départ
La ligne de départ du petit village d'Hopkington
Le peloton de tête avec Meb en flou à l'avant
Les conditions météo n'étaient vraiment pas favorables avec un fort vent de face et de la pluie au menu. Ce vent conditionnera le plan de match où courir en peloton devenait une nécessité. Mes parents m’accompagnent pour le voyage et viennent me porter au départ en ayant la chance de constater encore une fois que Boston c’est gros. Et que de sécurité policière et militaire impliqué. Je me sens bien le matin de la course. Le départ est lancé, un peu sur-réel de me retrouver aux premières lignes avec à ma gauche l'excellent éthiopien Chebet, et les premiers km passent vite et bien, très bien même. Je me retrouve à l’arrière d’un peloton d’environ 10 coureurs en ayant à vue trois Masters plus loin devant. Le premier 10km de la course est plutôt descendant/rapide et est fait en 32:20.

Après avoir pris ma première bouteille, je me suis senti soudainement bizarre, un peu étourdi et les jambes ne tournaient plus comme il y à peine 5 minutes! J’ai souvent des problèmes digestifs en course et ça se passait étrange à l’intérieur. Rapidement, je me rends à l’évidence, je constate que l’effort est trop grand à ce stade très tôt dans la course et je dois lâcher le peloton. Ho man, je me retrouve dans le trouble. Mais tellement dans le trouble, tout seul à lutter contre le vent, que j’ai à l’esprit que ma course est finie, qu’elle s’en va à la poubelle! Non pas que je ne pense pas terminer celle-ci, mais plutôt que je vais dégringoler et agoniser lentement pendant les 30 derniers et longs km. Quoi vous dites. Que je suis solidement entraîner. Oui, mais c’était assez pénible à ce point que tout venait de basculer. Je me calme, me fie sur mon expérience, me parle, pense au moment présent, à mon moment. Je pense à ma blonde qui me supporte dans ce que je fais. À mes enfants. Je pense à mon coach qui m’a déjà dit que j’étais un coureur qui pouvais plier, mais sans jamais casser. Je pense que ça va passer, que ça va aller. Mais, j’ai toujours du mal au 15e km, toujours en solitaire sans avoir vu un seul coureur. Ma seconde bouteille passe un peu mieux. Mon rythme dérive lentement (de 3:15/k au cours des 10 premiers, je roule maintenant à près de 3:30/k, un énorme fossé) avec l’espoir d’être repris par un petit groupe venant de l’arrière. Je suis finalement rejoint vers le 17e km par 4 coureurs dont deux Masters (le #1 et le #3 à Boston l’an dernier). À partir de ce moment, je vais faire la course la plus intense et stratégique de ma vie. Je n’ai pas le choix si je veux sauver ma course, je dois embarquer dans le train et m’accrocher. Je ne pense pas aux côtes à venir, ni à mon temps (je n’ai d’ailleurs pas jeté un seul coup d’œil à ma montre pendant la course). Juste à m’accrocher au gars devant moi. Ma 3e bouteille passe mieux au 20e km et sans avoir de super feeling, je passe le demi en 1:10.46 en allant chercher le plus d’énergie possible des cris ahurissants des filles du Wellesley College. Et j’embarque totalement dans le jeu en leur donnant plusieurs « High Five ». Je suis encore avec le même groupe de 4 coureurs au 25e km et s’amorce bientôt quelques montées dont les Newton Hills. Les jambes sont fortes et je m’aperçois que je grimpe assez bien (je conserve ma vitesse autour de 3:30/k dans les côtes). En fait, je ne me souviens plus d’avoir monté la fameuse HeartBreak Hill tellement j’étais dans ma zone. Mes souvenirs de courses sont plutôt flous d’ailleurs. Souvent trop concentré à l’effort, à ne pas vouloir céder un pouce.

L’énergie est définitivement revenue, les km défilent assez rapidement et je ne pense plus seulement à m’accrocher, mais bien à compétitionner. Autour du 35e km, quelques coureurs arrivent de l’arrière, venant déranger la quiétude établie dans notre peloton. Il faut toujours être à l’affût de nos sensations en course, se décider vite et réagir quand c’est le temps. Je décide alors d’y aller et d’accélérer. Comment vont alors réagir les 2 autres Masters qui m’avaient rejoint quand j’étais en difficulté quelques 20 km auparavant? Ils ne peuvent répondre. Je cours bien et solide avec mes nouveaux partenaires pendant quelques km dans les 3:20/k et je constate que nous gagnons du terrain sur le 2e Master devant. Je jette mes gants sur le côté et « Game On ». Avec environ 3 km à faire, il faut que j’attaque maintenant si je veux avoir une chance. Je pousse fort. Distance immédiatement les autres. Je presse encore plus. Avec un mille à faire, je réussi à me placer derrière lui. Le temps de reprendre mon souffle pendant quelques secondes, je me détache et finis fort en 2h24 (le premier Master intouchable en cette journée en 2h18), un chrono qui me permet de décrocher le 28e rang au classement général !!! Je pense que ces derniers 7km sont les plus solides que j’ai courus dans un marathon. Et cette course, dans les conditions, est définitivement parmi mes meilleures à vie.

Merci à ceux qui m’ont supporté en cours de route. Particulièrement à ma blonde JULIE qui est de rock à mes côtés!


lundi 13 avril 2015

Un détour par Tampa

J’ai profité d’un séjour agréable en famille sous le soleil de Tampa à la fin mars au cours duquel j’ai eu la chance de courir abondamment dans des sentiers. Imaginez, le parc provincial à côté de mon hôtel contenait plus de 20miles de sentiers en terre battue/feuille dont une grande boucle de 16 miles (oui, oui près de 26km), la plupart du temps étroits, mais pas très techniques où les vélos pouvaient également circuler. L’environnement tropical et le paysage magnifique m’ont fait vivre un dépaysement total. Pour ceux qui se demandaient à quel endroit exactement c’était, je dirais au nord du centre-ville de Tampa, pas trop loin à environ 15km.

Le Trout Creek Park et ses sentiers à faire rêver





Auparavant, j’étais à New York pour le demi-marathon à la mi-mars, une belle course à mettre dans son « bucket list » si vous ne l’avez jamais faite. Mon temps a été respectable (1h10), très constant du début à la fin (5km en 16:38; 10km en 33:25 et20km en 1h06.49secs). J'étais surtout content de voir que mes jambes avaient tenues le coup sur ce parcours exigeant et après les derniers mois à faire beaucoup de tapis dans mon sous-sol. Ma course me servait avant tout d’une bonne préparation au rythme pour Boston, sur une surface dure avec plusieurs dénivelés.

Mais revenons à Tampa. Comme je disais, j’ai profité de mon temps là-bas pour affiner ma préparation pour le marathon de Boston en faisant un bon volume. Mais, c’était surtout du bon temps en famille...Avec la plage au rendez-vous!






Pour vous donner une idée de ce que peut ressembler une période intense à 1 mois du marathon, j’ai pensé vous donner le détail de ma semaine d’entraînement en Floride :
Sam: AM: Off (travelling to Tampa); PM: 90mins Easy
Dim: AM: 60mins E; PM: 25mins w-up; 5x3k (low 3:20's donc environ 10mins par série) avec 2:30 jog; 10mins w-dn
Lun: AM: 60mins E; PM: 80mins E
Mar: AM: 65mins E; PM: 40mins E + 6x5mins (effort 10k) avec 2mins jog; 5mins E
Mer: AM: 70mins E; PM: 90mins E
Jeu: AM: 1h30 E+ 12x30secs/60secs; PM: 60mins E
Ven: AM: 1h40 E+ 12x60secs/40secs; PM: Off
Sam: Off (travelling to Toronto)
Dim: AM: 30mins w-up avec strides et streching; 30k Race (1:40:30); PM: 25mins w-up; 5x1200m (pace 10k-12mph on treadmill); 5mins w-dn

Comme vous pouvez le remarquer, j’ai terminé ma semaine en allant courir à Hamilton au mythique Around the Bay 30km. Agréablement surpris par ma performance, car j’avais les jambes lourdes et fatiguées. Mon « turnover » était excellent par contre. J’ai accompli tout ce que j’avais en tête et même un peu plus. C’est excellent pour la confiance. Cette année, le peloton d’élites était probablement le plus relevé de l’histoire de l’événement. Pour vous donner une idée, ma dernière et seule fois à l’événement remontait à 2011 où j’avais terminé au 6e rang en 1h42. Cette fois, mon temps de 1h40 me donne le 12e rang de la course.

Au départ avant la course

Maintenant, j’en suis au dernier droit avant Boston. C’est un peu fou comme l’approche d’un marathon peut être paradoxale. Lorsque la préparation débute 8, 10 ou 12 semaines avant le jour J, tout est un peu flou et loin. Mais lorsqu’on est « embarqué » dans le train, que la préparation est découpée en segment plus facilement gérables avec des objectifs propres à chacun, que les entraînements se succèdent, que les semaines avancent…sincèrement, on en vient à trouver que l’on manque de temps! C’est surtout parce que les coureurs sont souvent des perfectionnistes qui se disent que leur forme peut toujours s’améliorer. Nous voulons être plus pour aller plus vite. Je suis par contre en paix avec ma préparation faite pour Boston. Tout s’est bien déroulé dans l’ensemble, malgré quelques courbes ici et là (un virus et une cheville foulée m’auront fait reculer en cours de route) ma forme se retrouve à un niveau semblable à l’automne dernier. J’ai hâte à lundi prochain. Je suis prêt, physiquement et mentalement. Le temps est secondaire cette fois. J’y vais pour la position en ayant un podium Master en tête. Je vous avouerai que remporter le titre et être déclaré Boston Champion serait en quelque sorte ma médaille d’or olympique. Le gagnant de l’année dernière en 2h19.44secs y sera avec son dossard #75. Moi, j’ai eu la confirmation que je porterai le #78. Pour ceux qui veulent suivre la course en direct, je pense que RDS la télédiffusera. Sinon, rendez-vous sur le site du marathon de Boston TV Coverage ou Athlete Alert 

Je vous reviens avec mes impressions et les détails de ma course.