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Québec, QC, Canada
Personnal Best (PB's) ; 5000m--14:57--Boston (2011) ; 5k--15:01--Québec (2013) ; 10k--30:41--Vancouver (2013) ; 15k--47:56--Chicoutimi (2013) ; Demi--68:33--Montréal (2010) ; Marathon--2:23:21--Philadelphia (2012) ; 50 miles--6h44:13--Hamilton (2017) ; 100miles--18h33:59--Vermont (2017)

mardi 5 octobre 2021

Les 3 « P » de la recette de succès pour le marathon…shuuut!

Au fil de ma progression sur la distance du marathon qui m’a amené pendant près d’une décennie à me maintenir parmi les meilleurs au pays, j’ai souvent eu des questions sur « la » recette pour avoir du succès sur l’épreuve de 42,2k.

Je réponds sagement à ces questions qu’il n’existe pas de recette pré-établie, mais plutôt des principes fondamentaux qui doivent être tenus en compte et appliqués en fonction de son contexte. De façon plus spécifique, je vous partage ces principes qui m’ont permis de fabriquer ma recette pour avoir du succès au marathon. Une mise en garde s’impose: ces principes sont contagieux et ressortent de mon apprentissage au fil de milliers d’heures d’entraînement et du travail acharné à tenter de mieux maitriser ma distance de prédilection. Chèrement appris, je m’en voudrais de ne pas les dévoiler en songeant aux nombreux coureurs qui pourraient s’en inspirer.

Le premier « P », le plus important à mon avis, est pour Patience. Pour le marathon, la patience est capitale dans l’approche que vous avez face à votre entraînement, mais aussi pendant la course. Je m’explique, le marathon est une épreuve d’endurance, donc il est fondamental de l’aborder ainsi sur le plan du développement à long terme, car on ne prépare pas sa course en quelques semaines bâclées. Avoir une perspective assez longue se traduit souvent par une préparation de 12 à 16 semaines pour les coureurs plus chevronnés ou plus de 6 mois pour ceux moins expérimentés. Être patient veut dire de faire confiance au processus en cumulant les sorties et en laissant sa forme monter plutôt que la forcer en abordant chaque entraînement comme une compétition. L’entrainement sert à construire sa forme et non à la prouver. Pendant la course, c’est tout aussi fondamental et le manque de patience est probablement ce qui est le plus nocif pour la majorité des marathoniens. Combien de fois, j’ai entendu la phrase « j’avais de bonnes jambes et tout allait bien jusqu’au 30e kilomètre ». Vous savez quoi, c’est attendu d’avoir de bonnes sensations et d’avoir un rythme facile à gérer dans les débuts d’un marathon, car un entraînement minimal le permettra en général. Par contre, c’est souvent difficile de le maintenir en raison de la patience qui a fait défaut. Pas question ici de mettre du temps en banque dans la première moitié de la course, il faut s’appliquer à être le plus constant possible, quitte à accélérer légèrement si vous en êtes capable dans les 10 derniers kilomètres. Savoir gérer son rythme et avoir la patience de s’en tenir au plan de match en fonction de sa forme démontrée à l’entraînement permet assurément d’avoir des attentes réalistes et de s’accomplir pleinement le jour de la course.

Le 2e « P » qui est un corollaire du premier est pour Persévérance. Un coureur de longue distance se doit absolument d’être persévérant. J’ai mieux compris cette qualité en m’associant à un entraîneur universitaire canadien réputé pendant ma progression. Au début de notre association, alors que je croyais avoir atteint un certain niveau, il a su faire en sorte de m’imprégner cette espèce de dévouement et de rigueur comme composante essentielle de succès. Quoi de mieux pour me le rappeler qu’un entrainement par intervalles prescrit un 25 décembre! J’ai compris avec cet entraineur qu’il fallait aborder différemment l’entrainement en fonction du contexte, les capacités et les aspirations de chacun pour mieux atteindre ses objectifs. La persévérance du marathonien est testée au fil des semaines car certaines journées, les jambes ne veulent carrément pas tourner! Ces entraînements en fatigue sont monnaie courante dans une préparation spécifique de marathon et il est important de bien s’appliquer malgré tout, car c’est payant même si notre rythme est un peu plus lent dans ces journées. L’idée est de travailler rigoureusement pour être le mieux préparé possible en tenant compte de son contexte afin d’éviter des déceptions au marathon. La persévérance, appliquée intelligemment, vous mènera loin.

Et le dernier « P », qui est parfois négligé, est pour Plaisir. Peu importe le niveau de performance et peu importe la situation, c’est dans le plaisir que ça passe! Quand il n’y a pas de plaisir, c’est ardu de faire ce qu’on à faire. Pas tout le temps, pour tous les entraînements, mais le plus souvent. Plaisir de côtoyer et partager ses sorties de course avec des gens que l’on apprécie, plaisir de mener une vie en santé et équilibrée, plaisir du devoir accompli par ce sentiment d’autoréalisation. Plaisir de courir, tout simplement. Et ce qui est merveilleux, ça se développe et ça s’apprend. En suivant une bonne progression et en s’entraînant intelligemment en fonction de son niveau de forme (n’oubliez pas que 75-80% du temps est dévolu pour des entraînements d’endurance à basse intensité qui vous permettraient d’entretenir une conversation assez fluide), on peut définitivement se surprendre à apprendre à aimer l’entrainement rigoureux menant au marathon!

Vous m’en redonnerez des nouvelles!

mercredi 10 février 2021

TROUVER SON REPÈRE TRANQUILLE

Dans mon parcours, j’ai régulièrement cherché à me retrouver dans ces lieux sécurisants ou ces moments paisibles où on se sent en confiance, où l’abandon est soudainement possible. Dès fois, tout naturellement porté par la vague qui nous y amène presque inconsciemment sans trop rouspéter et d’autre fois parce que le chaos envahissant avait en quelque sorte besoin d’être calmement abordé. Car, c’est bien de ça dont il question. Une zone  de réconfort que l’on s’accorde pour s’accorder. Une parenthèse tendre et joyeuse qui nous fait du bien et nous permet d'affronter plus sereinement ce qu'on doit faire.

Pour moi, la course en général est un repère tranquille. Un moment de prédilection pour m’évader dans mes pensées et le plus souvent de pur plaisir. Par une belle journée d’été, j’ai en tête ce segment que je fais en sillonnant au pas de course le sentier de la rivière près de chez moi. Ou encore cette boucle de 10 kilomètres que j’emprunte régulièrement les soirées d’hiver.

Bien évidemment, toutes mes sorties quotidiennes ne sont pas des moments de plaisir. Parfois, je mets mes bottes de travail et je m’en vais à l’ouvrage! Ceux qui connaissent les entraînements par intervalles savent de quoi il est question quand ça devient sérieux sur la piste et que toute la concentration doit être portée sur l’effort de l’instant. Ou encore, les marathoniens reconnaissent qu'il peut être exigeant de faire une longue sortie spécifique de 36 kilomètres en intégrant à l'intérieur de celle-ci deux blocs de 10 kilomètres à la vitesse de compétition. Mais, même dans ces situations, je trouve que ça me fait du bien de me retrouver avec moi-même et d’avoir cette chance de pratiquer une activité que j’apprécie.

Et comment faire face è ces entraînements que je sais difficiles? Je cherche à me retrouver dans un lieu familier et à me placer dans des conditions gagnantes qui me donnent confiance et qui m’apportent réconfort. Un ami pour m’accompagner, mon sentier favori, mes souliers préférés. Peu importe, j'essaie de m'installer dans mes repères bienveillants qui maximiseront mes chances de bien performer dans ceux-ci. Et habituellement, ça rapporte!

mercredi 22 avril 2020

Quand le pourquoi aide à bien aller

Comment maintenir le focus avec la crise actuelle qui secoue le monde entier? Comment trouver la motivation nécessaire pour continuer à courir? Je suis récemment tombé sur un livre fort instructif sur le leadership de Simon Sinek «Start with why» ou en bon Québécois, commencez donc par le pourquoi !

On y apprend que les leaders ne commencent jamais par ce qui doit être fait, qu’ils commencent par énoncer POURQUOI il faut agir et qu’ils inspirent à l'action. Le pourquoi ou la raison fondamentale derrière ce que nous faisons par choix mérite réflexion en ces temps de confinement. De par mon expérience, autant à la course que dans la vie, il faut que la réponse soit assez claire pour favoriser les comportements durables et l’atteinte de ses objectifs. Il faut être en mesure de trouver LA motivation intrinsèque pour que l’action soit la plus aisée et naturelle possible parce que nous aurons alors foré au cœur de la décision d’entreprendre quelque chose. Commencer par le pourquoi, c’est donc se demander pourquoi je cours. C’est simple comme question, mais il existe une panoplie de raisons personnelles pour y répondre : perdre du poids, prendre du temps pour soi, améliorer son temps, socialiser, prendre l’air, méditer ou prendre le moment pour la réflexion, etc. Peu importe. Trouver le fondement et inspirer l’action je disais donc. Et comme notre monde évolue constamment, notre pourquoi évolue aussi. Il est utopique de penser qu’au fil des saisons qui s’accumulent, le Pourquoi ne changera jamais. Anticiper cette perspective amène plus d’agilité dans votre approche tout en conservant votre focus sur le portrait global de votre progression. Ça m’amène à vous parler du confinement actuel en raison de la pandémie associée au COVID-19 et surtout du futur en pensant que ÇA VA BIEN ALLER. C’est cliché, mais c’est vrai : on contrôle ce que l’on peut contrôler et on reste positif dans tout ça.

Je peux illustrer mon propos avec mon quotidien d’athlète comme exemple. Ben oui, mon pourquoi a changé! Dans le contexte actuel, je cours surtout parce que ça me fait prendre l’air et parce que ça m’aide à rester sain d’esprit. Pas question d’accumuler des sommets historiques de volume d’entraînement alors que les objectifs ne sont plus du tout les mêmes et qu'il n'y a pas la moindre compétition à l'horizon. C’est correct. De toute façon que pouvons-nous y faire ? Je réalise que j’ai coupé environ de moitié mon entraînement par rapport à une préparation habituelle pour une saison avec un marathon comme objectif. J’ai en revanche, intégré d’autres compléments que je faisais peu ou pas du tout, comme des séances de pilates avec ma conjointe et occasionnellement, avec mes enfants. Et franchement, j’adore. Inspiré par plusieurs coureurs sur les médias sociaux (un Français qui fait un marathon sur son balcon, un Russe qui court 50km autour de son lit, un américain qui remporte le Backyard ultra marathon en parcourant 422km en plus de 60 heures autour de son quartier, un franco-québécois qui fait le tour de l’île de Montréal, etc.), je me lance également des défis personnels. En fin de semaine dernière j'ai parcouru les quelques 55km qui relient ma maison et mon condo. Pourquoi? Parce que les défis nous gardent tout de même motivés. L’idée dans cette période est d'essayer du nouveau, varier les sorties avec durée limitée sans jamais être trop loin du sommet de ma forme, quelque chose que je pourrais atteindre avec une préparation spécifique de 8 à 10 semaines quand nous aurons à nouveau la possibilité de nous challenger dans une course officielle à quelque part dans l’avenir.

Ma recette du confinement se résume donc à :
-4 ou 5 sorties faciles de 30 à 50 minutes
-1 sortie avec intensité (ex : 15mins effort 21k; 8x2mins effort 10k avec 1 minutes jog entre chaque)
-3 séances de pilates/renforcement musculaire
-intégrer de nouveaux éléments pour casser la monotonie
-s’inspirer des histoires de d’autres coureurs (défis; pod-cast; articles,etc.)
-s’entraîner avec la famille, ce que j’apprécie et que je ne faisais pas

Qu’on se le dise, la vie ne reprendra pas son cours totalement comme avant. L’humanité a toujours subi des transformations importantes à la suite de crises. Au retour, le monde ne sera pas tout à fait pareil, mais c’est correct et ça va bien aller. Cette crise nous laissera des enseignements, des innovations ou nouvelles initiatives vont demeurer, des changements dans nos modes d’entraînements seront intégrés de même que nos schèmes de pensées et décisions auront évolués. À nous de demeurer ouverts et de saisir ces opportunités. C’est positif et ça va bien aller!

lundi 17 juin 2019

La constance

Bonjour à tous chers lecteurs et passionnés de la course à pied! À l’approche d’un défi que j’attaque bientôt, je reprends la plume (le clavier, plutôt!) pour vous entretenir sur la constance, une qualité si chère à mes yeux pour un coureur. J’ai débuté l’année par un t’es pas game à moi-même en souhaitant prendre le temps de courir tous les jours, tout simplement, mais un rendez-vous journalier qui exige de l’assiduité. Ainsi, le plan initial était de courir de 30 à 50 minutes tous les jours du mois de janvier. Pas vite, juste constant. Puis, j'ai décidé de prolonger le plaisir en février jusqu’à ce qu’un bête accident et une côte fracturée m’empêche de sortir mettre un pied devant l'autre quotidiennement. Sitôt rétabli, j’ai repris le jeu avec plaisir. La forme a progressée, des intensités ont été programmées, les sentiers se sont débarrassés de leur duvet blanc, des jours de repos sont apparus  et un calendrier de course s’est dessiné sans m’en rendre compte. Une rigueur s’est installée, une routine s’est établie.

Et le t’es un as game du début est sombré dans l’oubli. Je décrirais le processus de facile et agréable. Quoi, j'entends soudainement des murmures de ceux qui me prennent pour un désaxé. C’est tout le contraire et je le redis, c'est facile et agréable. Je me suis fait prendre au jeu de la constance. Sans douleur et dans le plaisir.

C’est donc en mode plaisir que je me suis attaqué à la préparation de mon défi, le championnat canadien d’ultra Trail, un 110km organisé par l’organisation du https://megatrail.info/
La constance m’a permis d’atteindre un bon niveau de forme que j’ai hâte de tester auprès des meilleurs trailers au pays. L’hiver s’est éternisé, j’aurais pris 1-2 longues sorties supplémentaires en sentier, mais on donnera ce qu’on a à donner, le meilleur de soi quoi. Je vous en redonne des nouvelles!

lundi 10 juillet 2017

Garder le rythme

À certains moments, tenir le rythme effréné de la vie au 21e siècle représente un défi de tous les instants, assez vertigineux même. Des conjonctures d’événements peuvent assombrir notre perspective et façonner le sentiment d’être dépassé. Ajoutez les exigences de l’entraînement du coureur dans l’équation et vous avez un cocktail explosif risquant de faire éclater vos bonnes volontés. « Il ne faut pas se laisser emporter par la vie » est une de mes maximes que j’emploie fréquemment. La chérir, en prendre soin, l’apprécier et imposer son rythme à elle est plutôt ce que je cherche à faire en tentant d'éviter le piège de subir de fausses obligations ou urgences dictées par le courant de celle-ci. Il est préférable d’être un acteur, de choisir sa destinée et de guider notre vie vers la direction à laquelle nous aspirons. Vos pensées peuvent parfois vous faire errer dans des lieux secondaires ou vous influencer négativement. Adoptez une approche de confiance en ses moyens et restez positif permet de les centrer sur ce qui fait du sens. Ainsi, se faire confiance et faire confiance à la vie peut vous amenez loin et vous évitez des déceptions à mon avis.

Je préfère garder les choses simples et me ramener à l’essentiel afin de justement maintenir le rythme dans les éléments importants de ma vie. Celles dont j’accorde une importance capitale au cours de cette période. À la course, le moment culminant où j’applique ce principe est lors d’une compétition où maintenir un rythme constant est ma priorité. J’isole alors les facteurs externes et je me concentre à ce qui est essentiel dans le moment présent. Mes pensées sont alors détournées vers ce que j’ai à accomplir. Le plus « simplistement » dit, mettre un pied devant l’autre avec bonne allure! Bien évidemment, certains démons intérieurs me chuchotent de ralentir, me lancent des signaux de douleurs ou d’inconforts, me poussent à douter de mes capacités. Ses voix intérieures, j’essaie du mieux que je peux de les ensevelir au plus profond de moi de manière à occuper mon attention sur ce qui resurgit en surface comme étant le plus élémentaire, avancer le plus rapidement possible en fonction de ma condition présente. J’ai parfaitement réussi à appliquer cette technique lors du marathon de Boston en 2015 alors que je traversais un moment plutôt difficile lors de la course. Je me suis accroché, je suis parvenu à me maintenir et j’ai terminé en force. Probablement, le meilleur marathon que j’ai couru et assurément le plus satisfaisant.

Un long détour pour vous parler d’un défi hors norme selon mes standards que je ferai en fin de semaine. Cette année, je me suis lancé une gageure à moi-même de compléter un 100 miles ou 160 km. Juste comme ça, sans fioritures. Juste le goût du dépassement et de vivre le sentiment de courir longtemps. L’envie de découvrir ce qui occupera mon esprit après 10 heures de course, mais surtout les stratégies et les techniques que je vais réussir à mettre de l'avant afin de rallier l’arrivée. Et d’en connaître un peu plus sur moi. C’est là quelque chose de bizarrement nouveau. Il n’y a rien de certain à ce que je termine. Bien sûr, j’ai tenté de me préparer du mieux que je pouvais en parcourant de longues heures dans les sentiers du Mont Sainte-Anne, mais il subsiste un doute dans mon esprit. Comment être totalement prêt pour ce genre d’épreuve, moi qui suis spécialiste du marathon sur route et qui aime rigoureusement planifier ses entraînements spécifiques dont les résultats permettent d'estimer à quelques minutes près mon temps final. Un peu obscur cette fois, le mieux ou le pire des scénarios se calculent en heures! Un aspect de la préparation pour cette course que j’ai particulièrement apprécié est ce nouvel apprentissage. À la blague, je dis souvent que je suis un éternel étudiant en raison du fait que j’aime apprendre. Ce fût donc l’opportunité de l’étude de ce sport nouveau. C’est en effet le cas et je l’ai constaté à travers mes entraînements, mes discussions et échanges avec certains spécialistes de même que de mes lectures. Ça demeure de la course à pied, mais c’est un esprit différent, un sport plus technique qui requiert une autre approche de l’entraînement. J’ajoute le tout à mon bagage de coureur.

C’est en fin de semaine que ça se passe alors que je serai du départ du Vermont 100m, une course faisant partie des plus vielles courses d’ultra trail aux USA. Je crois fermement que l’aspect mental est déterminant pour ce genre d’épreuve et j’appliquerai donc certaines techniques qui m’ont permis d’exceller sur marathon.  Je vais me concentrer sur l’objectif primitif de mettre un pied devant l’autre à bonne cadence pour garder le rythme. Faire confiance à ma forme. Faire le vide et abstraction des pensées négatives, ça ne sera pas évident, mais je pars dans ces dispositions. Enfin, je dois absolument briser la distance et ne pas me laisser impressionner par celle-ci. Ah oui, j’oubliais un conseil absolument essentiel qu’un spécialiste "trailer" m’a donné : force-toi pour manger, n’importe quoi dont tu as le goût, mais il faut que tu ingères des calories. Je vous en redonne des nouvelles.

Ambassadeur Farm to Feet
Dans la foulée de ma préparation pour cette course, je me suis associé à Farm to Feet afin d’utiliser leurs bas de qualité. Dans la section à droite du blogue vous trouverez ainsi leur logo avec un lien hypertexte vous permettant d’aller découvrir leurs produits chez leur fournisseur canadien.

mercredi 27 juillet 2016

La solitude du coureur de fond...

La semaine dernière avait lieu une course que je ne pouvais rater à un de mes endroits de prédilection pour mes entraînements. Le Québec Méga trail du Mont Sainte-Anne était donc à mon calendrier de compétitions et tant qu'à courir, je m'étais inscrit à la plus longue épreuve de 50km. Ma préparation était un peu sommaire pour ce genre d'événement en sentier. J'avais fait la première boucle de 25km à quelques occasions et montée une fois l'abrupte piste de ski alpin qui allait constituer tout un défi pour les coureurs au début de la deuxième boucle.

J'aurais souhaité en faire plus, mais une blessure à l'ischio-jambier m'empêche de pousser à l'entraînement. Cette blessure refait surface de temps à autre depuis janvier dernier et a ponctué ma préparation pour le marathon de Boston de cette année. Souvent, une blessure en emmène une autre par le phénomène de surcompensation et ce fut le cas pour moi cet hiver (en plus de mon ischio, le mollet et le dos a souffert quelque peu, jamais pour m'arrêter complètement, mais assez pour freiner une progression...c'est particulièrement désastreux quand nous avons une épreuve de longue distance à préparer qui implique un long et dur "build-up"). Dans ces moments, la solitude est éprouvante. Ma technique est de me rappeler que j'aime mon sport dans sa globalité, pas tout le temps, mais que j'en retire du plaisir et de la satisfaction en le pratiquant et que les blessures font partie de celui-ci. J'ai connu quelques bonnes séquences pour bien m'en tirer à Boston et lors du 10km d'Ottawa où j'ai été surpris d'enregistrer un bon temps de 32:50 dans des conditions hyper chaude qui a affecté les meneurs d'au moins 1 minute.

Pour revenir rapidement à la course du Mont Sainte-Anne, elle s'est bien déroulée. Même que je menais après la première boucle de 25km en compagnie de mon ami Joël Bourgeois. La montée par la piste de ski alpin la Crête qui suivait a été le moment que j'ai le moins apprécié. Pas en mesure de courir pour la majeure partie en raison du dénivelé, très éprouvant musculairement avec une bonne descente sitôt arrivée au sommet. Je n'étais plus le même coureur par la suite. Expérience intéressante, et beau moment de solidarité, j'ai croisé le fil d'arrivée les mains au ciel entrecroisées avec celles de deux compagnons de course Florent et Joël. Temps final 4h27 minutes. Mon record sur mes pattes!

J'ai bien récupéré de cette course et deux jours après je m'envolais pour Cuba. Ce n'est pas mon genre de rester inactif toute la journée à me faire frire sur la plage, alors la chaleur ne m'a pas empêcher de bouger:
-12 sorties de course (peu d'intensité, seulement  6x90secs/30secs et 10x30secs/60secs, mais pas mal de sorties d'endurance dans la chaleur qui me faisait travailler quant même assez fort. Pour dire bien franchement, même sur le tapis au gym à l'air climatisé, je sortais détrempé d'une course de 40mins à mon rythme normal. À preuve, la photo ci-bas!)
-3 séances de plyométrie/pilates/yoga
-4 sorties de kayak/pédalos
-et quelques coups de nage ici et là

Je me sens d'attaque et en santé pour accumuler beaucoup de km en solitaire dans le prochain mois et demi avant d'amorcer ma saison de compétitions avec une préparation plus spécifique. En primeur, mon plan actuel est de faire deux marathons cet automne...restez branché sur le blogue pour savoir prochainement lesquels!

Gardez le sourire dans vos sorties et à la prochaine.
Christian

dimanche 26 avril 2015

BOSTON – Rapport de course

Ma mère m’a suggéré un mot poétique qui pourrait le mieux décrire mon expérience au marathon de Boston…REVI (dans le sens de ressusciter, reprendre vie). Ou encore en anglais, cela pourrait se traduire par l'expression COME BACK from the dead! Alors, laissez-moi vous expliquer avec mon récit, de l’intérieur, comment j'ai vécu ma course et sait-on jamais, vous en retirerez peut-être quelque chose d'utile...(pour ceux qui ne veulent pas trop de détails, vous pouvez aller directement à la conclusion au dernier paragraphe!).

Boston, c’est gros. L’organisation, le prestige (119e édition et unique marathon avec un temps de qualification requis), le nombre (coureurs évidemment, plus de 30000, mais aussi, bénévoles, policiers, supporteurs). J’avais des papillons qui me chatouillaient comme je n’en avais pas à l’habitude. Je sentais la fébrilité. Et l’excitation aussi. De courir, de performer. J’étais reçu à titre d’athlètes élites invités dans un accueil des plus professionnel et avec une attention aux détails comme je n’avais jamais expérimenté auparavant. Une petite anecdote pour vous illustrer ceci, les tables spéciales prévues pour les fluides sur le parcours avec un niveau de détails jamais vue ...40 athlètes avaient été sélectionnés pour avoir le privilège de placer leur propre bouteille à des tables placées rigoureusement à chaque 5km. Chaque station contenait 10 tables habillées élégamment de la couleur bleue du marathon. Notre nom associé à un numéro de table, toujours la même, et notre bouteille déposée toujours au même endroit sur la table.


Boston, c’est gros. Le décorum (le protocole, les règlements et la logistique entourant la course nous ont été précisés la veille lors de la rencontre technique prévue par l’organisation à cet effet). Le niveau de compétition (les élites bien sûr, soit une quinzaine de prétendant à la victoire parmi les meilleurs au monde qui ont été rigoureusement sélectionnés par l’organisation, une vingtaine de sub-élites et une dizaine de Masters, mais aussi les autres coureurs qualifiés—un ami me disait que c’est environ 10% des coureurs qui réussissent à obtenir leur passeport pour Boston). L’attente (une logistique complexifiée par un départ dans une petite communauté à 40 km de Boston). Sans oublier les attentes (celles personnelles surtout…de bien réussir, de performer, de pouvoir donner le meilleur de soi-même). Les miennes en terme clair, un podium chez les Masters. J’ai donc abordé cette course comme un championnat où le chrono devenait secondaire laissant la position devenir la préoccupation.

Derrière la chaîne humaine orange à attacher mes souliers quelques minutes avant le départ
La ligne de départ du petit village d'Hopkington
Le peloton de tête avec Meb en flou à l'avant
Les conditions météo n'étaient vraiment pas favorables avec un fort vent de face et de la pluie au menu. Ce vent conditionnera le plan de match où courir en peloton devenait une nécessité. Mes parents m’accompagnent pour le voyage et viennent me porter au départ en ayant la chance de constater encore une fois que Boston c’est gros. Et que de sécurité policière et militaire impliqué. Je me sens bien le matin de la course. Le départ est lancé, un peu sur-réel de me retrouver aux premières lignes avec à ma gauche l'excellent éthiopien Chebet, et les premiers km passent vite et bien, très bien même. Je me retrouve à l’arrière d’un peloton d’environ 10 coureurs en ayant à vue trois Masters plus loin devant. Le premier 10km de la course est plutôt descendant/rapide et est fait en 32:20.

Après avoir pris ma première bouteille, je me suis senti soudainement bizarre, un peu étourdi et les jambes ne tournaient plus comme il y à peine 5 minutes! J’ai souvent des problèmes digestifs en course et ça se passait étrange à l’intérieur. Rapidement, je me rends à l’évidence, je constate que l’effort est trop grand à ce stade très tôt dans la course et je dois lâcher le peloton. Ho man, je me retrouve dans le trouble. Mais tellement dans le trouble, tout seul à lutter contre le vent, que j’ai à l’esprit que ma course est finie, qu’elle s’en va à la poubelle! Non pas que je ne pense pas terminer celle-ci, mais plutôt que je vais dégringoler et agoniser lentement pendant les 30 derniers et longs km. Quoi vous dites. Que je suis solidement entraîner. Oui, mais c’était assez pénible à ce point que tout venait de basculer. Je me calme, me fie sur mon expérience, me parle, pense au moment présent, à mon moment. Je pense à ma blonde qui me supporte dans ce que je fais. À mes enfants. Je pense à mon coach qui m’a déjà dit que j’étais un coureur qui pouvais plier, mais sans jamais casser. Je pense que ça va passer, que ça va aller. Mais, j’ai toujours du mal au 15e km, toujours en solitaire sans avoir vu un seul coureur. Ma seconde bouteille passe un peu mieux. Mon rythme dérive lentement (de 3:15/k au cours des 10 premiers, je roule maintenant à près de 3:30/k, un énorme fossé) avec l’espoir d’être repris par un petit groupe venant de l’arrière. Je suis finalement rejoint vers le 17e km par 4 coureurs dont deux Masters (le #1 et le #3 à Boston l’an dernier). À partir de ce moment, je vais faire la course la plus intense et stratégique de ma vie. Je n’ai pas le choix si je veux sauver ma course, je dois embarquer dans le train et m’accrocher. Je ne pense pas aux côtes à venir, ni à mon temps (je n’ai d’ailleurs pas jeté un seul coup d’œil à ma montre pendant la course). Juste à m’accrocher au gars devant moi. Ma 3e bouteille passe mieux au 20e km et sans avoir de super feeling, je passe le demi en 1:10.46 en allant chercher le plus d’énergie possible des cris ahurissants des filles du Wellesley College. Et j’embarque totalement dans le jeu en leur donnant plusieurs « High Five ». Je suis encore avec le même groupe de 4 coureurs au 25e km et s’amorce bientôt quelques montées dont les Newton Hills. Les jambes sont fortes et je m’aperçois que je grimpe assez bien (je conserve ma vitesse autour de 3:30/k dans les côtes). En fait, je ne me souviens plus d’avoir monté la fameuse HeartBreak Hill tellement j’étais dans ma zone. Mes souvenirs de courses sont plutôt flous d’ailleurs. Souvent trop concentré à l’effort, à ne pas vouloir céder un pouce.

L’énergie est définitivement revenue, les km défilent assez rapidement et je ne pense plus seulement à m’accrocher, mais bien à compétitionner. Autour du 35e km, quelques coureurs arrivent de l’arrière, venant déranger la quiétude établie dans notre peloton. Il faut toujours être à l’affût de nos sensations en course, se décider vite et réagir quand c’est le temps. Je décide alors d’y aller et d’accélérer. Comment vont alors réagir les 2 autres Masters qui m’avaient rejoint quand j’étais en difficulté quelques 20 km auparavant? Ils ne peuvent répondre. Je cours bien et solide avec mes nouveaux partenaires pendant quelques km dans les 3:20/k et je constate que nous gagnons du terrain sur le 2e Master devant. Je jette mes gants sur le côté et « Game On ». Avec environ 3 km à faire, il faut que j’attaque maintenant si je veux avoir une chance. Je pousse fort. Distance immédiatement les autres. Je presse encore plus. Avec un mille à faire, je réussi à me placer derrière lui. Le temps de reprendre mon souffle pendant quelques secondes, je me détache et finis fort en 2h24 (le premier Master intouchable en cette journée en 2h18), un chrono qui me permet de décrocher le 28e rang au classement général !!! Je pense que ces derniers 7km sont les plus solides que j’ai courus dans un marathon. Et cette course, dans les conditions, est définitivement parmi mes meilleures à vie.

Merci à ceux qui m’ont supporté en cours de route. Particulièrement à ma blonde JULIE qui est de rock à mes côtés!


lundi 13 avril 2015

Un détour par Tampa

J’ai profité d’un séjour agréable en famille sous le soleil de Tampa à la fin mars au cours duquel j’ai eu la chance de courir abondamment dans des sentiers. Imaginez, le parc provincial à côté de mon hôtel contenait plus de 20miles de sentiers en terre battue/feuille dont une grande boucle de 16 miles (oui, oui près de 26km), la plupart du temps étroits, mais pas très techniques où les vélos pouvaient également circuler. L’environnement tropical et le paysage magnifique m’ont fait vivre un dépaysement total. Pour ceux qui se demandaient à quel endroit exactement c’était, je dirais au nord du centre-ville de Tampa, pas trop loin à environ 15km.

Le Trout Creek Park et ses sentiers à faire rêver





Auparavant, j’étais à New York pour le demi-marathon à la mi-mars, une belle course à mettre dans son « bucket list » si vous ne l’avez jamais faite. Mon temps a été respectable (1h10), très constant du début à la fin (5km en 16:38; 10km en 33:25 et20km en 1h06.49secs). J'étais surtout content de voir que mes jambes avaient tenues le coup sur ce parcours exigeant et après les derniers mois à faire beaucoup de tapis dans mon sous-sol. Ma course me servait avant tout d’une bonne préparation au rythme pour Boston, sur une surface dure avec plusieurs dénivelés.

Mais revenons à Tampa. Comme je disais, j’ai profité de mon temps là-bas pour affiner ma préparation pour le marathon de Boston en faisant un bon volume. Mais, c’était surtout du bon temps en famille...Avec la plage au rendez-vous!






Pour vous donner une idée de ce que peut ressembler une période intense à 1 mois du marathon, j’ai pensé vous donner le détail de ma semaine d’entraînement en Floride :
Sam: AM: Off (travelling to Tampa); PM: 90mins Easy
Dim: AM: 60mins E; PM: 25mins w-up; 5x3k (low 3:20's donc environ 10mins par série) avec 2:30 jog; 10mins w-dn
Lun: AM: 60mins E; PM: 80mins E
Mar: AM: 65mins E; PM: 40mins E + 6x5mins (effort 10k) avec 2mins jog; 5mins E
Mer: AM: 70mins E; PM: 90mins E
Jeu: AM: 1h30 E+ 12x30secs/60secs; PM: 60mins E
Ven: AM: 1h40 E+ 12x60secs/40secs; PM: Off
Sam: Off (travelling to Toronto)
Dim: AM: 30mins w-up avec strides et streching; 30k Race (1:40:30); PM: 25mins w-up; 5x1200m (pace 10k-12mph on treadmill); 5mins w-dn

Comme vous pouvez le remarquer, j’ai terminé ma semaine en allant courir à Hamilton au mythique Around the Bay 30km. Agréablement surpris par ma performance, car j’avais les jambes lourdes et fatiguées. Mon « turnover » était excellent par contre. J’ai accompli tout ce que j’avais en tête et même un peu plus. C’est excellent pour la confiance. Cette année, le peloton d’élites était probablement le plus relevé de l’histoire de l’événement. Pour vous donner une idée, ma dernière et seule fois à l’événement remontait à 2011 où j’avais terminé au 6e rang en 1h42. Cette fois, mon temps de 1h40 me donne le 12e rang de la course.

Au départ avant la course

Maintenant, j’en suis au dernier droit avant Boston. C’est un peu fou comme l’approche d’un marathon peut être paradoxale. Lorsque la préparation débute 8, 10 ou 12 semaines avant le jour J, tout est un peu flou et loin. Mais lorsqu’on est « embarqué » dans le train, que la préparation est découpée en segment plus facilement gérables avec des objectifs propres à chacun, que les entraînements se succèdent, que les semaines avancent…sincèrement, on en vient à trouver que l’on manque de temps! C’est surtout parce que les coureurs sont souvent des perfectionnistes qui se disent que leur forme peut toujours s’améliorer. Nous voulons être plus pour aller plus vite. Je suis par contre en paix avec ma préparation faite pour Boston. Tout s’est bien déroulé dans l’ensemble, malgré quelques courbes ici et là (un virus et une cheville foulée m’auront fait reculer en cours de route) ma forme se retrouve à un niveau semblable à l’automne dernier. J’ai hâte à lundi prochain. Je suis prêt, physiquement et mentalement. Le temps est secondaire cette fois. J’y vais pour la position en ayant un podium Master en tête. Je vous avouerai que remporter le titre et être déclaré Boston Champion serait en quelque sorte ma médaille d’or olympique. Le gagnant de l’année dernière en 2h19.44secs y sera avec son dossard #75. Moi, j’ai eu la confirmation que je porterai le #78. Pour ceux qui veulent suivre la course en direct, je pense que RDS la télédiffusera. Sinon, rendez-vous sur le site du marathon de Boston TV Coverage ou Athlete Alert 

Je vous reviens avec mes impressions et les détails de ma course.

mercredi 24 décembre 2014

BOSTON

J’ai reçu d’excellentes nouvelles récemment alors que ma demande a été acceptée par l’organisation afin je puisse m’aligner sur le départ du prestigieux marathon de Boston en compagnie de l’élite. Compétitionner à ce marathon pour tenter de remporter le titre chez les Masters 40+ ans représente beaucoup pour moi et constitue mon objectif principal de 2015. J’ai analysé les résultats des dernières années et c’est un objectif ambitieux, mais réaliste compte tenu que les temps des gagnants dans la catégorie se situe autour de 2h20.

Retour sur 2014…mais regard sur 2015
Ce n’est pas ma nature de faire de grandes rétrospectives et de me noyer dans la nostalgie. Oui, il faut apprendre du passé, mais j’aime surtout regarder vers l’avant en me servant justement des expériences antérieures pour m’améliorer. C'est vrai pour la course comme pour la vie! L’année 2014 en fut une en deux temps pour moi. Assez pénible avec quelques blessures successives et des résultats en deçà des attentes au cours de la première moitié. Puis, une remontée graduelle qui m’a permis de vivre ma meilleure préparation en vue d’un marathon, couronnée par la réalisation d’une excellente performance à Toronto au cours du mois d’octobre. Bizarrement, le goût à l’entraînement était moins présent dans les deux derniers mois qui ont suivi cette course. Ma motivation n’était définitivement pas à son sommet et je crois qu’une période de repos, physique et mentale, était particulièrement nécessaire cette année. Quand la tête n’y est pas à 100%, difficile de sortir courir jours après jours, nonobstant l’idée de performer. Et cela est particulièrement vrai dans la vie d’un coureur semi-pro qui a un travail à plein temps et une merveilleuse famille qui l’entoure. Vous comprendrez que j'ai de quoi m'occuper! Mais comme j’aime plutôt me projeter vers l’avenir, j’ai profité de ce temps d'arrêt pour planifier ma saison de course 2015 ou du moins, les premiers mois de l’année prochaine. Outre Boston, j’ai ciblé des courses d’envergure qui m’aideront sur le plan de la motivation et de la préparation. Le demi-marathon de New-York sera à l’agenda avec son parcours parsemé de vallons et de côtes durant les premiers 10km et une fin graduellement descendante à la manière de Boston. Je ferai aussi la plus vielle course en Amérique du Nord parfaitement positionnée dans le calendrier à trois semaines du marathon, soit le 30km Around the Bay, un autre parcours aux multiples défis.


Je vous souhaite à tous une année 2015 remplie de défis et de courses qui sauront vous combler.

On se reparle l'année prochaine!

dimanche 2 novembre 2014

Marathon de Toronto: Rapport de course

Deux semaines se sont déjà écoulées depuis ma participation au Marathon de Toronto où j'y ai connu une très belle course. Très satisfait dans l'ensemble et bien content d'avoir été agressif. Je suis de retour! Ma stratégie s'est fixée la veille du marathon à la rencontre technique pendant laquelle les organisateurs donnent aux coureurs invités les dernières directives et règles de fonctionnement, notamment les différents groupes qui s'organisent autour de meneurs d'allure (pacers). Après avoir consulté mon coach, c'était décidé, j'embarquais dans le "train" qui passerait au demi en 1h09 30secs. C'était un peu plus agressif d'une 40taine de secondes qu'initialement prévu, mais l'effet bénéfique de courir en peloton surpassait largement les risques de courir à cette cadence. En plus, les conditions n'étaient pas idéales avec le vent. J'étais en forme, mon entraînement s'était superbement déroulé, j'avais le vieux record canadien des 40+ ans (2h19 41 secs réalisé en 1980!!) alors pas la peine d'hésiter et de laisser du temps sur le parcours. Je voulais aller vite, alors j'ai senti qu'il fallait que je porte mes souliers vite...mes Mizuno Ekiden que j'adore.

Nous avions un bon groupe dès le départ, 8 ou 9 coureurs dont notre meneur d'allure bien réglé (dommage qu'il faisait juste 21k) et 2-3 gars qui faisaient le demi. Je suis resté tranquille dans le groupe et je me sentais vraiment bien. Les 10 premiers kilomètres franchies en 32:54, aisément comme il se doit dans un début de marathon. Malheureusement, un britannique du groupe m'a fait chuté à la table située au 15e kilomètre où nous pouvions placer nos bouteilles. J'ai du ralentir pour le coureur en avant, agripper la mienne, mais il est arrivé comme un train par derrière et je suis tombé directement au sol. Je me souviens d'avoir vaguement entendu la foule crier en coeur un  WOooooooo. Heureusement, j'ai eu le réflexe de placer mes mains, ma hanche a été touchée, mais je me suis vite relevé pour revenir dans le peloton! Chanceux dans cette malchance. La moitié de la course a été conclu comme prévu en 69:34. Je me sentais toujours très bien, mes jambes tournaient de façon fluide. Aux alentours du 25k, la course est devenue une affaire en solitaire pour tout le monde du peloton initial. De toute évidence, j'ai perdu un peu de temps à compter de ce moment, particulièrement à lutter contre le vent dans les 6-7 derniers km, mais je me suis bien battu. Les meneurs ont tous laissés quelques minutes sur le parcours, même eux qui compétitionnent pour la victoire et les $$$. Mes jambes sont restés étaient fortes, malgré que mes mollets étaient vraiment "serrés". Je suis bien content d'avoir fait quelques 3h-45km dans ma préparation. C'était bien de croiser les coureurs au retour dont plusieurs m'encourageait par mon prénom. Je ne vous ai pas tous reconnu, étant dans la zone, mais je veux vous remercier pour les encouragements! J'ai eu quelques mauvaise passes ici et là avec mon estomac où je ralentissais significativement pendant quelques secondes pour passer à travers de mes reflux et reprendre mon souffle avant de repartir (rien de majeur, mais impossible de puiser au plus profond de mes tripes dans les derniers 2-3k). En fin de compte, j'ai terminé à quelques secondes près de mon meilleur temps réalisé à Philly il y a deux ans, 2h23. Pour les amateurs de statistiques, je termine 17e au total avec le record de parcours (Masters-40ans+). Même que mon coach était assez fier de mon résultat qui me place parmi les meilleurs de l'année sur le continent dans cette catégorie! Beaucoup de positifs retirés de ce build-up et de cette course. Je suis de retour après avoir connu un début d'année plus difficile. Très excité et motivé pour 2015. En terminant, je m'en voudrais de ne pas remercier tous ceux qui m'ont appuyé dans cette épopée, particulièrement ma plus fervente supportrice sans qui rien de tout cela ne serait possible, ma blonde/amante/femme Julie!

On se reconnecte plus tard!

vendredi 17 octobre 2014

Faire différent

Depuis ma dernière chronique beaucoup d’eau a coulé sous les ponts et des kilomètres sur la route ont été accumulés autant en compétitions qu’à l’entraînement. Ah oui, et je suis devenu un « vieux » de la course ayant atteint l’âge vénérable de 40 ans au début septembre, un âge qui me faisait basculer dans la catégorie des Maîtres que nous appelons communément dans notre jargons de coureux, les Masters. C’est noble les maîtres, mais c’est le signe qu’on vieillit!@

Rétrospective rapide de mon été
J’ai réalisé une première en complétant un 10000m sur la piste dans le cadre du championnat provincial de la distance. Bien aimé mon expérience et surtout de bonnes sensations qui m’ont permis de terminé la course en 6e position en 31 :20. Ce n’était pas un chrono spectaculaire, mais ce fût à tout le moins encourageant. Un pas dans la bonne direction. C’était d’ailleurs mon leitmotiv de l’été puisque mon objectif global que je voulais atteindre était de progresser, éviter les blessures et rebâtir un niveau de forme acceptable qui me donnerait confiance à l’amorce d’une préparation spécifique pour un marathon à l’automne. J’avais ciblé certaines courses en juillet et août pour cumulé de bons efforts soutenus difficile à réalisé en solitaire à l’entraînement. En plus, de cette compétition sur la piste j’ai fait le 10km du Grand Lévis la semaine précédente, une course correcte que j’ai animé en lançant des accélérations au sein du peloton de tête dans les premiers km, en me détachant seuls en tête dès le 3e km, en bataillant ferme à l’avant, en me faisant rattraper à 1km de l’arrivée, en poussant pour ne pas que l’écart soit trop grand, en lançant une accélération à 500m pour rejoindre le coureur à l’avant, en sprintant les derniers 300m côte à côte pour finir sur la ligne en 2e place par un cheveux en 31 :40. J’ai aussi couru une étape de la Coupe Dix30 quelques semaines plus tard et cette fois, les sensations n’étaient pas excellentes. Après avoir couru les 3 premiers km avec le peloton de tête, j’ai décroché pour finir le reste de la course en solitaire, comme si j’étais un peu à l’extérieur de celle-ci, et terminé en 32 :05. J’avais aussi en tête de progresser avec précaution dans le volume d’entraînement comme j’ai été blessé cet hiver et ce printemps. Mes vacances en Floride à la fin du mois d’août ont été idéales pour accumuler un bon volume: idéalement situées dans le calendrier, reposantes et lentes parce qu’il faisait incroyablement chaud (quelque chose comme 40 degrés le jour et 35 le soir!).

L’entraînement de l’automne
Me revoici donc avec cette chronique à l’aube du marathon de Toronto que je vais courir ce dimanche. Et oui, tout c’est merveilleusement bien déroulé dans ma préparation de sorte que j’ai conservé l’objectif initial de m’aligner à Toronto pour tenter une performance. J’ai fait les choses différemment pour me préparer à ce marathon cette fois-ci, comme entreprendre une préparation spécifique plus courte (8 semaines), faire des longues longues sorties (jusqu’à 45km et 3h de course avec des sections d’intensité) et des séances de renforcement musculaire, plyométrie. Mes blessures subies plus tôt dans l’année m’ont poussé à préconiser une préparation plus courte, mais ces choix étaient essentiellement fondés sur une volonté de faire différent. Je crois fermement que les mêmes habitudes mènent aux mêmes résultats et que notre corps et notre esprit ont besoin de stimulus variés pour progresser. L’automne dernier, j’avais connu une excellente préparation qui m’a donné un niveau de forme inégalé jusque là, mais que je n’ai pu matérialiser en résultat. Cette fois, je suis retourné à un niveau de forme similaire en empruntant un différent chemin. N’hésitez pas vous aussi à vous déstabiliser en modifiant de temps à autre vos habitudes d’entraînement. J’ai fait trois compétitions au cours du mois de septembre, mais toujours intégrées à des longues sorties qui me serviraient pour le marathon. Ça été le cas avec le demi-marathon de Beaupré que j'ai gagné pour la 2e année consécutive, les 10km de l’Université Laval et finalement le demi-marathon de Montréal.



Dans cette préparation, j’ai couru beaucoup et majoritairement en solitaire. J’ai même pris un temps d’arrêt de deux semaines au travail pour me reposer davantage en m’entraînant solidement. J’attends maintenant avec sérénité l’approche du marathon avec en quelque sorte le sentiment du devoir accompli.

samedi 28 juin 2014

Faire bouger Fernand-Séguin à la course

Au cours des 8 dernières semaines, j'ai pu transmettre ma passion en entraînant un groupe de coureurs. J'ai eu en effet un réel plaisir à superviser un groupe de parents et d'enfants de différents niveaux de l'école primaire Fernand-Séguin où ma fille Alixa vient de terminer sa 3e année et où mon autre fille Éliana y fera son entrée en septembre prochain. C'est une super école avec un programme et une méthode d'apprentissage basée sur les sciences qui a été nommée en l'honneur du célèbre scientifique.

ÉCOLE PRIMAIRE À VOCATION SCIENTIFIQUE
"POUR LE PLAISIR DES SCIENCES!"

Tous les lundis soirs, des coureurs assidus se sont réunis dans le plaisir sur les terrains de l'école pour "souffrir" en groupe. Pour moi, il était important de faire bouger les enfants, mais également les parents. Les meilleurs modèles sont ceux qui prêchent par l'exemple, alors je voulais assurément que les "grands" montrent la voie aux "petits" et qu'ils constatent par le fait même, les bienfaits associés à la mise en forme. Je retiens particulièrement la phrase d'un parent qui lors de la première séance me glissa "il faut parfois saisir les opportunités que nos enfants nous donnent". J'ai adoré l'expérience qui m'a une fois de plus convaincu que le coaching m'intéressait. Nous allons reprendre les activités du nouveau club de course à l'automne avec l'ajout de nouvelles idées pour promouvoir davantage le club, l'École Fernand-Séguin et les bienfaits de l'activité physique dans la vie en général.

En guise d'une petite mise à jour sur mon calendrier de courses dans cette période d'entre-saison, je peux vous confirmer que je serai présent au 10km de Lévis le 4 juillet prochain et possiblement pour le 10000m Rouge et Or organisé par Félix de l'Université Laval...si je ne suis pas trop lent dans mes entraînement de piste d'ici là! Jusqu'à maintenant, je m'en sors pas trop mal. Par exemple, j'avais des bonnes jambes mardi dernier pour un entraînement de 400m avec mon bon ami Dan. Après avoir fait 5X200m en 32-33secs pour se dégourdir les jambes, nous avons attaqué 10X400m...les 6 premiers en 67-69secs, les 3 suivants en 64-66secs et le dernier en sprint en 61secs! Il me manque certainement plus d'endurance et d'entraînement, mais j'étais content de constater que j'avais encore de la vitesse malgré que j'approche dangereusement 40 ans!

On se reconnecte plus tard!

mercredi 21 mai 2014

Les compétitions

Nous sommes à cette période de l’année où la course inscrit à notre calendrier depuis longtemps arrive à grand pas. Pour plusieurs, cela se passe en fin de semaine dans le cadre du marathon d’Ottawa et ses nombreuses courses de distances variées. Pour d’autres, celle-ci est déjà passée et le résultat est déjà absorbé. Mais peut importe, nous pouvons tous retenir certaines leçons de cette importante période de compétitions qui représente le point culminant de plusieurs semaines, voir plusieurs mois de préparation.

Tout ne se déroule pas toujours comme prévu
Une blessure, une période intense au travail ou à la maison peut sérieusement retarder votre progression et hypothéquer certaines courses. Il faut savoir s’ajuster. Cela peut se traduire par l’ajout d’une journée de repos de course additionnelle, d’une diminution du volume d’intensité, de plus d’heures de sommeil ou l’inclusion d’exercice de renforcement spécifique. N’hésitez pas à modifier le calendrier de compétitions en conséquence en annulant certaines courses moins importantes ou en utilisant certaines de ces courses comme une façon de progresser à l’entrainement.   

À la recherche de l’effort de compétition
Je l’ai déjà souligné dans une chronique antérieure, mais l’effort soutenu requis dans une compétition demande souvent une certaine forme de répétition effectuée par des courses de type préparatoire. J’aime bien inclure dans mon calendrier ces courses qui, en plus de servir de guide sur le niveau de forme, servent à bousculer et réveiller le corps pour aller chercher l’effort de compétition.

Il y aura d’agréables surprises
Certaines périodes à l’entraînement sont parfois magiques. Alors quand vos sensations sont optimales et que le corps répond bien, profitez-en pour ajouter un volume additionnel de quelques 10% à votre séance de vitesses déjà prévue.

Une attention à la progression
Après un recul, même pour le plus entraîner des individus, il faut revenir progressivement vers son niveau de forme. La progression est aussi importante après une compétition où le corps a été meurtrit. Pour le retour à l’intensité, je conseille généralement d’attendre le nombre de jours qui équivaut au nombre de km de la course.

Et en rafale, voici quelques nouvelles de mes compétitions...

Vancouver
Avant de me rendre dans l'ouest du pays,  j'ai profité de l'été avant le temps en séjournant 5 jours à Las Vegas. Une ville à l'ambiance constante où nous avons à peine à distinguer le jour de la nuit dans ces immenses hôtels que compose la Strip. Une journée particulièrement agréable a été passée au Red Rock Canyon. Avouez que le gars a l'air plutôt cool...

Puis, j’ai passé un agréable séjour de 10 jours à Vancouver à la fin avril/début mai, le temps de faire le 10km du Sun Run et le demi-marathon de Vancouver la fin de semaine suivante. Auparavant,. 2 courses, 2 résultats bien différents. J’étais enrhumé, sans énergie et j’avais de la difficulté à respirer adéquatement pour mon 10km qui fut pas mal difficile. Résultat final 32 :25 (ouch, 1min 44secs plus lent que l’année dernière). En plus, c’était la première de la saison après un hiver pénible…Pour le demi, l’expérience fut plus concluante. Sur un parcours plutôt valonneux, mes mollets ont souffert, mais mon niveau d’énergie était excellent et mon rythme bon. Je suis passé assez confortable au 10k en 32:16. Quand j’ai réalisé que mes jambes amochées ne pouvaient être pire aux environs du 15k, j'ai poussé le rythme à ce point et finit la course assez fort dans le parc Stanley. Résultat final 1h09:55, bon pour une 10e place au général et le 2e rang canadien.

Éveil des plaines
Je ressentais une pression de retourner défendre mon titre à l’Éveil des plaines qui se tenait le 10 mai dernier. Je pourrais même me vanter en disant que je suis le seul gagnant du 10km que l’événement ait connu en quatre ans, mais je ne le ferai pas! Évidemment, les jambes étaient un peu en compotes, mais les conditions étaient bonnes et j’ai poussé juste assez pour battre mon ancien record de parcours. Temps final de 32:44 dans le côteux, mais magnifique parcours des plaines.


Et c'était particulièrement plaisant de partager mon ma journée avec mes enfants qui ont couru l'épreuve du 2km. Ci-bas avec ma fille Alixa, 8 ans, dossard #1080

Ottawa
Tout comme l’année dernière, je serai du 10k d’Ottawa samedi soir prochain qui s’annonce encore une fois des plus compétitifs avec la brochette d’athlètes invités des pays africain dont le gagnant de plusieurs courses prestigieuses dans le monde, le très rapide Goeffrey Mutai. J’espère que les courses que j’ai effectuées dans l’Ouest canadien me donneront une impulsion.


Je vous revient sous peu avec un compte rendu de la course.

mardi 18 mars 2014

Le retour du Jedi

Ça faisait un bon bout de temps. Ça faisait du bien de revivre l'anxiété de compétitionner à nouveau. C'était à l'occasion d'une compétition par équipe dans le cadre du pentathlon des neiges à Québec. Sport habituellement très solitaire, ce fut plaisant cette fois de vouloir performer pour ses coéquipiers. Et j'étais très excité avant de me  lancer sur le parcours de 5,5 km. Mes jambes étaient bonnes, j'ai eu de bonnes sensations pendant la course et je suis très satisfait de celle-ci. Je suis particulièrement content que cette première de la saison soit derrière moi. L'effort de course ne vient pas tout seul, il faut aller le chercher. Un niveau très difficile à atteindre à l'entraînement. Lorsque viendra le temps de performer à votre course principale de la saison, le corps et l'esprit vous remercieront d'avoir fait ces courses préparatoires. La lutte au général a été serrée à souhait, le spectacle enlevant et nous avons terminé 3e à seulement 22 secondes des gagnants. Pour ceux qui auraient ratés, voici un vidéo résumé de notre couse...

RDS
Êtes-vous un habitué du blogue de Frédéric Plante du 5@7 de RDS? Grand amateur de course à pied et lui-même coureur accompli, il écrit sur le sujet. Cette fois, il s'est vraiment surpassé dans sa dernière chronique! Blague à part, il vient de publier un article qui présente assez fidèlement mon histoire dans le merveilleux monde de la course à pied suite à une entrevue que j'ai fait avec lui la semaine dernière. Le titre est simplement Christian Mercier, Courir vite! C'est bien écrit avec plusieurs photos de moi en action et je vous invite évidemment à le consulter ici.



mercredi 12 février 2014

Le calendrier

L'hiver, la neige s'est plaisant pour les skieurs...un peu moins pour les coureurs. Et nous pouvons affirmer sans risquer de se tromper que celle qui nous éprouve en ce moment est une des pires des dix dernières années. Je me rappelle du temps où j'étais joueur de hockey et que j'arrivais à apprécier cette saison. Mais c'est une autre histoire maintenant alors qu'à titre de coureur je dois combattre les éléments plutôt qu'être en harmonie avec eux. Voici en rafale quelques habitudes que j'ai développées avec l'expérience afin de retirer le plus de bénéfices possible des durs mois d'hiver:
-Ne pas se battre contre la montre et le "pace", mais se mesurer en fonction de l'effort la plupart du temps
-Gérer ses sorties en minute plutôt qu'en km
-Laisser son GPS à la maison
-Raccourcir sa foulée et augmenter sa cadence (petits pas rapides)
-Utiliser le tapis roulant à l'occasion, mais pas trop, pour fuir les journées extrêmes
-Éviter les périodes de neige abondante où la foulée n'est pas assurée
-Profiter des mois d'hiver pour travailler son endurance (faire plus de courses et moins d'intensité)

Un peu d'espoir m'envahit lorsque je vois se pointer la mi-février avec la fin imminente des grands froids et l'arrivée prochaine du mois de mars qui prépare le printemps. Février jouer dehors ou la langue su'l poteau dirait Vincent Vallières!

Février est également le mois où je fixe habituellement mon calendrier de compétitions, non seulement du printemps, mais de l'année complète puisque les courses que je choisies à ce stade-ci s'inscrivent habituellement dans une suite logique qui influencera ce que je ferai plus tard. Pour ce printemps, je compte retourner à Vancouver pour la fameuse Sun Run et cette fois, en prolongeant mon séjour pour tenter un grand coup au demi-marathon BMO qui a lieu la fin de semaine suivante. Encore cette année, je veux prendre part à la grande messe de la fin de semaine de course à Ottawa en compétitionnant dans l'excitant 10k du samedi soir. À l'heure actuelle, je compte attendre l'automne prochain pour me lancer sur marathon. Et je vais me lancer à fond, en ayant plus faim, pour mon premier marathon à titre de maître (+40ans)!

Pour l'instant, rétabli complètement de ma blessure, je me concentre à augmenter progressivement mon volume d'entraînement. Ça va bien, je progresse et les bonnes sensations sont revenues. Comme j'aime participer à des courses tout au long de l'année lorsque l'occasion s'y prête, des genres d'objectifs intermédiaires qui gardent allumés, je vais prendre part au pentathlon des neiges de Québec le 23 février prochain. Je ferai parti de l'équipe de PCN La Capitale pour faire la portion course de l'événement qui comptera également le vélo, le ski, le patin et la raquette. Ça risque d'être fort agréable.

Un mot sur Sotchi
Gloire aux sports amateurs. Consommez-en le plus possible! C'est une des rares occasions où les sports plus marginaux, c'est à dire tout sauf le hockey, peuvent enfin prendre leur place et obtenir une certaine visibilité. Chaînes de télévision, journalistes et chefs d'antenne, SVP moins de studio et de sur-analyse, mais plus d'images et de performances. De mon côté, je vais suivre particulièrement les épreuves de ski (de fond et alpin...beaucoup moins acrobatique), mais je vais tenter de regarder le plus d'événements possibles. Pour vous dire, j'ai suivi la finale de luge masculine en fin de semaine...pas de grands athlètes, mais c'était impressionnant de voir la précision de ses kamikazes à 140 km/h sur de petites traîneaux! Jusqu'ici, je retiens la 10e place crève coeur du grand champion Érik Guay, la brillante 5e position de LeGuellec en biathlon, le brio général de l'équipe canadienne, la domination totale (ou l'absence de compétitions?) des canadiens en ski acrobatique, le doublé émouvant et inspirant des soeurs Dufour-Lapointe, les déceptions d'Alex Harvey et cette magnifique histoire de Happy Gilmore Junio qui a cédé sa place au substitut et favori lors des sélections nationales, Denny Morrison, pour le 1000m en patinage longue piste permettant du coup à ce dernier de décrocher la médaille d'argent. Ce Junio a mon vote pour porter le drapeau lors des cérémonies de fermeture. Ça promet pour la suite...

On se reconnecte plus tard.

mercredi 15 janvier 2014

Le début d'un nouvel an

Avec l’arrivée du Nouvel An viennent souvent les résolutions. Ces fameuses résolutions dont personne ne tient et bien souvent exprimées sous forme de généralité du type « je veux me remettre en forme » ou « je veux perdre dix livres ». Ah oui, mais quand? comment? pourquoi? Ce sont là des éléments d’autant plus pertinents qui améliorent les chances de succès à mon avis. Se concentrer sur les objectifs et les façons de les atteindre, voilà ce qui me préoccupe davantage.

Objectif premier de l’année : me remettre sur pied le plus rapidement possible. Au moment où je vous écris, je suis en voie de l’atteindre. Retour en arrière, vers la mi-novembre, une douleur est apparue dans le bas de ma jambe vers l’extérieur. N’ayant jamais été sérieusement blessé à la course, j’y accorde peu d’importance jusqu’à ce que cette douleur devienne vraiment inconfortable. Après un arrêt complet de 2 semaines en décembre, des conseils et des traitements par LE physio spécialiste du traitement des blessures à la course, Blaise de PCN/Clinique du coureur, un examen par résonnance magnétique, une reprise progressive sur 3-4 semaines, me voilà enfin de retour sur pied, sans mauvais jeux de mots. Pendant mon retour progressif, j’ai pu courir sous le chaud soleil de la République dominicaine. C’était bien de se sauver de l’hiver à -50. C'était extrêmement agréable de se retrouver en famille en passant du temps de qualité loin du brouhaha quotidien. Que de beaux moments. Mes filles en ont profité pour apprendre quelques mots d’espagnol, dont les populaires « Pinacolada » et « Cocoloco »!

C’est un curieux combat qu’on mène face aux blessures. Après une première phase de déni arrive le malheureux moment où nous devenons un peu paranoïaques puisque confrontés à l’inconnu. Mais, qu’est-ce que j’ai au juste? Et surtout, est-ce que c’est quelque chose de sérieux? Comment cela a-t-il pu se produire? Puis, nous partons à la recherche de réponses. L’être humain n’aime pas le vide. Dépendamment des constats, nous entrons dans une phase plus ou moins réconfortante, soit celle du plan d'attaque pour passer à travers la tempête. Cette étape est remplie de hauts et de bas, de sauts d’humeur, de pas en avant, mais aussi de retour en arrière. Mais, au moins, nous avons une idée de la direction à suivre. Puis arrive un moment où nous voyons la lumière au bout du tunnel et l'espoir d'une guérison complète nous vient à l’esprit. Les doutes ne sont toutefois pas dissipés et demeureront jusqu’au retour des grosses semaines d’entraînement. Il y a toujours un risque de récidive ou d’une blessure à un autre endroit par compensation ou par changement des habitudes de course.

Nous apprenons de ces combats. Nous en savons un peu plus sur notre corps, sur la biomécanique aussi. En tant que coureur, je me vois un peu comme Superman, je me crois invincible. Maintenant, je sais qu’à tout moment, une combinaison de facteurs peut me placer sur le carreau. Je n’étais pas dans une période où le volume était très élevé, pas plus que l’intensité fréquente, mais la transition brusque de cette année entre l’automne où je fais beaucoup de courses sur surfaces molles et l’hiver sur les routes enneigées a modifié ma biomécanique. Cela s’est avéré fatal pour moi dans une période de relâchement après un gros automne avec une attention moins portées au repos et à la nutrition.

Et nous pouvons en retirer des éléments positifs qui nous serviront pour l’avenir. Nous pouvons par exemple travailler d’autres chaînes musculaires dans cette période en faisant du transfert. Je me suis mis au vélo et à la natation tout en faisant des exercices d’assouplissement de certains muscles. Je vais continuer dans cette voie en intégrant davantage d’éléments de plyométrie, de renforcement et de souplesse dans ma routine. Je vais également conserver à mon agenda des séances de natation à certaines périodes de l’année. Mais, le plus positif dans tout ça pourrait être ailleurs. Une des premières questions que mon physio m’a posé fut: à quand remonte ton dernier temps d’arrêt de la course? À cela, je lui ai répondu que les cinq dernières années ont été une longue progression sans jamais de moment creux, sinon quelques jours de repos suivant mes marathons. Évidemment, des périodes moins intenses étaient planifiées lors d’une année avec du travail plus spécifique, mais jamais de temps d’arrêt. Et bien, c’est fait et je pense en bénéficier tant physiologiquement que psychologiquement. Je repars maintenant avec une forme à retrouver et quelques livres à perdre, pour une grande année je l’espère. L’année de mes quarante ans et de mon entrée chez les Masters qui se fera en septembre prochain. Je vous reviens sous peu avec une idée de ma saison de course et d’autres objectifs à convoiter. Mais comme il n’y a pas que la course dans la vie, je me souhaite également une année remplie d'autres moments magiques en famille ainsi que des temps heureux au travail et entre amis.

À tous, une bonne et chaleureuse année 2014!

P.S. Et autre résolution...OK c'est promis, une à deux chroniques par mois!

samedi 19 octobre 2013

Retour de Chicago

Je vais commencer par une anecdote racontée par Yves Boisvert dans son livre Pas où il fait part d’un récit journalistique lors de la conférence de presse qui suivait le marathon des femmes des Jeux olympiques de Londres.
Pendant que tout le monde s’affairait autour de la championne éthiopienne Gelana et des autres médaillées, une femme était assise à l’écart, l’air de souffrir. C’était Constantina Dita qui venait de terminer l’épreuve en 2 h 41mins. C’est fulgurant, 2 h 41mins, si vous voulez mon avis. Mais quand on a pris la médaille d’or à Pékin en 2 h 26mins, finir incognito 86e aux jeux suivants en 15mins de plus, c’est toute une dégringolade. Oh ce qu’elle doit être déçue! Pas un seul journaliste pour recueillir ses états d’âme. Personne autour d’elle, en fait. Elle était dans sa chaise à se masser les jambes. «Comment allez-vous, Mme Dita?» Son visage s’est illuminé. «Ah! Je suis tellement contente d’avoir terminé. J’avais mal au dos, mais j’ai couru jusqu’à l’arrivée. Non vraiment, je suis satisfaite.» Et grand sourire. Elle avait 42 ans et 195 jours en cette journée olympique et elle a couru les 42,195 km jusqu’à la fin. Elle était authentiquement contente. D’autres auraient trouvé cette fin de carrière olympique indigne et auraient abandonné. Elle avait au contraire l’ambition de l’amateur moyen : se rendre à la ligne d’arrivée. Survivre à la douleur. Et être fière d’y parvenir. L’expression de cette joie aussi simple que vraie m’a pris totalement par surprise. Ça ne cadrait pas du tout avec le schéma narratif olympique. Vous savez, le frisson de la victoire et l’agonie de la défaite, tout ça…Une championne n’est jamais censée se trouver contente de juste finir. Il y avait une beauté tout à fait inattendue dans cette satisfaction du travail fait jusqu’au bout. Je l’ai saluée très rapidement et lui ai tourné le dos avant d’être ridicule d’émotion.
J’aime ces histoires simples d’athlètes qui transpirent l’humilité. Pourquoi je vous relate ceci? Et bien, c’est parce que c’est exactement le sentiment qui m’habite suite à ma participation au marathon de Chicago. Pas d’arrivée triomphale, fier d’avoir complété l’épreuve et fier de ce que j’ai accompli durant les trois derniers mois. Les grands sages nous disent qu’un marathon c’est 30km de réchauffement avec 12km de course. Dans mon cas à Chicago ce fut l’inverse. Très tôt dans la course, j’étais pris avec toutes sortes de maux, dont d’importants problèmes à l’estomac. J’ai tout même foncé en espérant que les choses se replacent. Les 5 premiers km en 16:23; les 5km suivants un peu plus lents en 16:26; les 5km d’après encore plus lents en 16:41. J’ai bien vu que les choses ne se replaceraient pas et ma course était jouée. Mais, il restait les 2/3 à compléter et ma condition physique s’empirait. J’ai continué en pensant à mes enfants à qui j’aurais bien de la difficulté à expliquer un lâche abandon. Ce fut probablement le marathon le plus pénible qui m’est eu donné de courir. Mes jambes bétonnées par l’entraînement n’ont évidemment pas souffert, je n’ai frappé aucun mur, ce fut plutôt une longue bataille. Vidé physiquement et surtout, émotionnellement, je titubais en solitaire dans la zone de récupération après l’arrivée. Peinant à apprécier pleinement les nombreuses marques de félicitations et de reconnaissances des bénévoles, je cherchais simplement à reprendre de la vigueur. Mon temps final 2 h 27mins, assez loin de mon meilleur temps et de mon objectif, mais aucunement déçu et pleinement satisfait de ma course. Et comme je disais, fier d’avoir terminé. J’ai fait avec ce que j’avais en cette journée. À l’aéroport en arrivant, mes enfants se sont empressés de courir vers moi pour m’accueillir. Pas le marathonien, mais bien le simple papa à qui on vient fièrement montrer ses coquettes bottes de pluie achetées au cours de la fin de semaine. Et c’était parfait comme ça.